• Jour 32 : Le Bonhomme Blanc (épisode 4)

     Cela fait maintenant trois jours que les grattements ont cessés.

    Mais je sais qu'il est encore là, comment a-t-il pu me retrouver, ici à St Bruno ? Comment fait-il pour s'installer sous le lit de sa victime ?

    Peut être qu'il peut se déplacer partout dans le monde, allant de lit en lit, à la recherche de nouvelles proies, ou dans mon cas, pour finir ce qu'il avait commencé. Pourquoi revient-il que maintenant dans ma vie, je l'ignore, mais si je lui ai échappé une première fois, alors je devrait y arriver de nouveau. Il faut juste que je me souvienne comment.

    Soudain une image s'invita d'elle même dans ma tête, celle d'un vieillard, raidi sur son lit au son de grattements sur un plancher. Je pourrais lui échapper, mais qu'est ce qu'il l'empêcherait de revenir dans 16 ans ? Et combien d'enfants encore devront mourir pour assouvir son appétit gargantuesque ? Combien déjà, depuis cette nuit de 1990, sont morts. Tous ces enfants disparus, partout dans le monde, la police met ça sur le compte de pédophiles ou de serial killer, mais peut être que dans la majeure partie des cas de disparition non résolue, notre ami le Bonhomme Blanc est le seul coupable.

    Ma vie n'a jamais été un exemple, mais je compte bien me racheter, il faut en finir une bonne fois pour toute. Ce soir, je descendrais dans sa grotte, et je le tuerais.

    La journée durant, j'essaya désespérément de me souvenir de ce qui se passa après que la créature m'eu attrapé. Mais impossible d'avoir accès à cette partie de l'histoire. Je devrait me débrouiller seul. A midi, je repris discrètement le couteau sur mon plateau, peut être cela pourrait me servir, dans la remise, je vola une petite lampe torche, elle n'éclairait pas beaucoup, mais cela était toujours mieux que rien. Il ne me restait plus qu'a attendre que la nuit recouvre de son voile noir et visqueux les murs de ma chambre pour passer à l'action.

    Franck était de garde cette nuit là.

    Aucun résident de St Bruno ne voulais avoir a faire à lui. C'était un homme bourru et violent, sans aucune compassion pour ceux qu'il appelait « les débiles profonds ».

    Il portais toujours en bout de bras une fine cordelette dont l'une des extrémité portait le trousseau de clés du bâtiment. Il la faisait constamment tourner autour de ses doigts, l'enroulant et la déroulant nonchalamment. Mais ce trousseau servait aussi à « remettre les débiles dans le droit chemin ». Nombre de résidents de St Bruno eurent a faire à la morsure métallique du trousseau retombant sur une épaule, ou dans le dos.

    Il était 21h, toutes les lumières étaient éteintes, et le premier qui oserait faire le moindre bruit aurait droit à un bon coup de trousseau.

    Toujours pas de grattements sous mon lit, par contre l'odeur était là, et une faible lueur rouge éclairait le sol de la pièce.

    Il était là, c'était le moment de vérité.

    Je pris mon élan et sauta le plus loin possible du lit. Je crus percevoir comme un cris de frustration.

    J'allumait ma lampe et commença à éclairer le dessous du lit. Rien. Pas une seule trace.

    La porte de la chambre s'ouvrit aussitôt.

    Je n'eu pas le temps de faire un mouvements que le trousseau fendait l'air pour atterrire sur ma joue droite, la douleur m'arracha un léger couinement et je senti un mince filet de sang descendre le long de mon visage.

    « _ Qu'est ce que tu fous espèce de con ! Tu comprend pas quand je dis de se coucher et de pas moufter ?

    Sa main de leva de nouveau, bandant ses muscle, prés à lancer le trousseau dans ma direction.

    Mais le coup ne parti pas.

    Une main blanche balaya l'aide soignant d'un seul trait. Franck, dans une absurde grimace de surprise tomba sur le flan. Il eu à peine le temps de se retourner que le visage du monstre était sur lui. Et alors que les crocs de la créatures entaillaient sa gorges dans un flots de sangs, la dernière pensée de Franck fut pour son trousseau de clés.

    Le monstre commença à tirer le corps encore agité de soubresaut en direction du lit. Ce visage que je n'avait pas vu depuis si longtemps me sourit comme pour me signifier : « tu seras le prochain ! »

    Alors que les pied de feu Franck commençaient à disparaître à leur tour, je sais l'occasion, je plongea vers le lit et m'agrippa au cadavre encore frais de mon ancien tortionnaire et passa a mon tour sous le lit.

    Le décors changea du tout au tout, la chambre n'était plus qu'un souvenir, je me retrouvait dans une sorte de corridor, ou plutôt de goulot de pierre, partout brillait cette lumière rouge poisseuse, comme si la roche était gorgée de sang. Je lâchait le corps qui parti devant, je n'avait pas été remarqué, il valait mieux travailler une approche discrète.

    Nouveau flash-back... Mon père tapait à la porte, mais celle-ci était coincée par mon lit, le monstre arrivé sur moi. Impossible de m'enfuir, j'étais collé au mur, a tel point que je pourrais bientôt m'y incruster. La créature dans un dernier sursaut réussi à attraper une de mes chevilles. Mais que faisaient mes parent, pourquoi ne venaient-ils pas me sauver ? Je senti cette odeur m'envahir complètement, et soudain, je n'eu plus envie de crier, je fut baigné par une sorte de semi-torpeur, conscient sans vraiment l'être. Je senti mon corps bouger, traîné en direction du lit, et pourtant je n'avais plus peur.

    Le décors changea, autour de moi une sorte de grotte, il faisait sombre, une lumière rouge venait m'éclairer. Il me sembla entendre mon père hurler mon nom, mais c'était sans importance à présent, tout allait bien, je perdis connaissance.


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